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Chronique n°29 - Ainsi coulait l'eau ...

Plusieurs années de sècheresse relative ont parfois provoqué, comme en 2015 ou 2019, un déficit en eau et des restrictions hydriques communales. Pourtant Grandvillers demeure un village entouré de collines et richement arrosé. On note d'ailleurs tout au long de notre histoire l' alternances de périodes humides (inondation dans les champs et les bois) et de périodes sèches. J'ai voulu revoir sur un plan aussi bien historique que géographique l'état des lieux en ce qui concerne les ressources en eau  de notre village.

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1-Les cours d'eau naturels et les étangs

Deux rivières et quelques ruisseaux affluents traversent essentiellement le village.

Le principal est l'Arentèle (1) , autrefois appelé Argentile (à cause de sa pureté), il prend sa source au pied Ouest de l'Avison (en amont de l'étang de Pointhaie) longe la D420 et pénètre à Grandvillers au niveau des anciennes cartonneries, traverse le site appelé la Creuse, puis la route départementale au niveau du bien nommé café du Pont et s'en va au Nord direction Pierrepont. A noter qu'il contribue à la formation de nombreux étangs sur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ce passage (Pointhaie, Montplaisir, Bouillante, La Creuse...), cette rivière ira se jeter dans la Mortagne au niveau de la commune de St Gorgon au sud de Rambervillers. Comme tous les cours d'eau, il a largement aidé aux activités manufacturières humaines en faisant tourner moult moulins et machines (cartonneries, scierie Jacquemin, moulin Thiriet et Jacquot...). Son principal affluent sur notre

territoire est le ruisseau de l'étang l'abbé venant de la forêt de Faite (Charbonnière), lui aussi responsable de plans d'eau, ceux de l'Etang l'abbé, il fusionne avec l'Arentèle dans le pré derrière la mairie.

 

L'autre rivière est le Durbion ou plutôt le Petit Durbion (2). Prenant également sa source dans la forêt de Faite, dans un vallon non loin du captage d'eau communale, il traverse la route de Viménil à la sortie du village, il alimentait essentiellement la Tuilerie par un canal passant derrière la manufacture et rejoignant son lit au niveau de l'usine (là aussi pour faire tourner des machines et des ventilateurs), ensuite et cela devient très intéressant, il se sépare en deux cours d'eau dans le pré sur la route de Gugnécourt.

Le ruisseau initial continue à gauche de cette route, traverse le Bois des Bouilles (anciens étangs) et rejoint le vrai Durbion à Gugnécourt, l'autre ruisseau traverse la départementale puis les bois des Hatards (plusieurs étangs) et se mêle ensuite à l'Arentèle tout près de Pierrepont. Il s'agit donc d'une curiosité déjà noté par Alban Fournier au XIX° siècle dans ses livres, le Petit Durbion fait bien partie du bassin de la Moselle (par le Durbion) mais aussi du bassin de la Meurthe (par l'Arentèle et la Mortagne). Sur Wikipedia, j'ai même pu noté que le Petit Durbion était parfois nommé Petite Arentèle ce qui confirme bien sa dualité !

Ces deux rivières ont donc participés tout au long de notre histoire à l'activité humaine par l'intermédiaire de roues à eau, sources d'énergie et création de nombreux d'étangs sur son territoire (pisciculture).

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2-Les anciens canaux

L'activité humaine a en effet nécessité dans le passé l'utilisation d'énergie hydraulique pour faire tourner ses machines. A Grandvillers on peut encore voir à plusieurs places des résidus de ces canaux. Par exemple derrière la mairie, on voit parfaitement le fossé du canal qui prenait l'eau de l'Arentèle pour alimenter la roue du moulin Jacquot qui se trouvait un peu plus loin à droite (3). Derrière la cartonnerie aussi il existe toujours les résidus canalaires d'une arrivée d'eau qui faisait tourner l'ensemble des machines et des meules (4). Le canal de la tuilerie existe quant à lui toujours (voir plus haut)

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3-Les fontaines

Comment ne pas parler des fontaines de Grandvillers...

Avant la réalisation du réseau d'eau communale (dite eau sous pression) les habitants de Grandvillers   s'approvisionnaient en eau grâce à ces fontaines. Presque toutes les maisons de Grandvillers avait un point d'eau qui coulait en permanence et à proximité. Deux réseaux de distribution d'eau

existe depuis les années 1870 (fondation de l'association Charbonnière en 1874) et alimentent ces fontaines. La Charbonnière se trouve donc en amont

de l'étang l'abbé, non loin de l'ancienne ferme du même nom et la source Guérin (du nom de son fondateur) se trouve  quant à elle au dessus du captage d'eau actuel.

Des édifices maçonnés, les « moines »   étaient chargés de distribuer et de

répartir l'eau dans les différents tuyaux   d'approvisionnements allant vers chaque quartier et chaque maison. Pendant près d'un siècle, ce réseau a donc alimenté seul en eau tout le village.  Certaines maisons possédaient

aussi leur propre puits à eau personnel et parfois il existait un lavoir pour tout un quartier...

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  "Moine" remarquable route      de Rambervillers

Lavoir au Grand Mont

4-Le réseau d'eau actuel et communal

Ce n'est qu'en 1979-1980 qu'il a été crée.

Je ne m' attarderai pas sur ce sujet car il s'agit d'histoire récente et je vous renvoie à l'article très intéressant paru dans le bulletin n°26.

 

 

Jacques Strubhardt 24-01-2016

Sources:  -Topographies du bassin de la Mortagne A. Fournier 1896

-avec l'aide de André Ferry (fontaine Charbonnière) et de Gérard Hatton (réseau d'eau actuel et fontaine Guérin)

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