LA LEGENDE du CHENE de la VIERGE chronique n° 8

 

Il y a très longtemps, dans les premières décennies du 18°siècle vinrent s'établir à Viménil trois frères venus des Ardennes, ils se nommaient Brocard et c'est grâce à leurs arrière-petits enfants que j'ai connu cette histoire.

Deux des frères étaient tailleurs de pierre, il y avait une carrière à Viménil où étaient fabriqués moellons et pierres d'églises, meules et colonnes, téchottes... Le troisième frère était garde-forestier et exerçait principalement son activité dans les bois environnant de Viménil et Grandvillers. Peu avant de mourir, cet

homme avait raconté à ses descendants cette

bien curieuse histoire. Au cours de ses

pérégrinations en forêt, il avait vu apparaître

sur un chêne une dame qui s'est rapidement

révélée être la très sainte Vierge Marie et qui

lui avait parlé plusieurs fois. Elle lui aurait

notamment prédit qu'au lieu même où ils se

trouvaient, de terribles combats se dérouleraient

un siècle plus tard et feraient des centaines

de morts (allusion aux sanglants conflits de 1944).

Le jeune Brocard, qui ne voulait pas passer pour

un fou, refusa de parler de cette apparition

et garda pour lui toute sa vie le secret de cette

vision et ce n'est qu'à la fin de ses jours qu'il

rompit le silence et parla de cet événement

à sa famille et qu'il alla placer une statuette

de Marie dans l'arbre en question.

Le temps a passé, le chêne a vieilli, s'est creusé,

a été malmené  par les intempéries et les hivers 

rigoureux. La statuette initiale aurait même été dérobée et remplacée. Un jour le feu

(foudre ou incendie volontaire) a eu raison du vieil arbre et aujourd'hui il ne reste qu'une

souche pourrie…

En Septembre 1989, l'abbé J-M. Fleurance, curé de Grandvillers a béni le jour de la fête de la Nativité une image de Notre-Dame sculptée par un paroissien dans une plaque de

bois et accrochée sur un  chêne voisin pour perpétuer la tradition et la légende, qui n'en

est peut-être pas une….

Merci à mme Françoise JACQUEMIN  ainsi qu'à M. et Mme Gilbert  BROCARD de m'avoir raconté cette  histoire.

 

07-11-1999